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Jean-Marc Ayrault inaugure le "Wikipedia de l'open data français"

data gouv fr Le premier ministre a présenté la nouvelle version de Data.gouv.fr. Plus souple et plus sociale, cette nouvelle plate-forme veut mettre l'accent sur les réutilisations des données publiques.

Publié le 18 décembre 2013


Jean-Marc Ayrault a inauguré mercredi 18 décembre la nouvelle version du portail open data du gouvernement, Data.gouv.fr. Deux ans après le lancement de la première version du portail en charge de la diffusion des données publiques, le premier ministre a tenu à saluer le passage à une "autre étape" en matière de transparence. "Ce choix stratégique de l'ouverture des données publiques est le signal d'un mouvement de libération de l'énergie économique", a-t-il déclaré.

Après une phase de consultation avec l'écosystème open data en France, la refonte de Data.gouv.fr a s'est concentrée sur l'amélioration de trois points essentiels : faciliter la dépose de nouvelles données par les administrations, permettre aux internautes de trouver le bon jeu de données en un clic et mettre en avant les réutilisations des données faites par la communauté.

Première innovation, "Data.gouv.fr n'a plus systématiquement vocation à héberger les données", explique Henri Verdier, directeur patron d'Etalab, l'organisme intergouvernemental en charge de l'open data. "Lorsqu'un organisme héberge déjà ses propres données, notre mission est davantage de les référencer pour les rendre visibles". Les producteurs de données publiques proposant déjà leurs jeux de données sur leur site peuvent désormais se référencer simplement sur Data.gouv.fr, sans avoir à envoyer leurs données. "Cela nous a permis d'intégrer les données de nombreuses collectivités locales qui n'étaient pas jusqu'à présent sur le site", explique Henri Verdier.

Le nouveau Data.gouv.fr permet dorénavant à toute personne de publier ses propres données. "L'Etat n'a pas le monopole de la donnée d'intérêt public", note le patron d'Etalab, qui souligne le travail fait par certains organismes comme Open Street Map France ou Regards Citoyens. Tous les jeux de données déposés sur le site seront donc désormais visibles par défaut et modérés a posteriori. Un label de certification permet par ailleurs de distinguer les données proposées par des organismes publics reconnus et garantis par Etalab. "Nous inaugurons un Wikipedia de l'open data, construit avec les citoyens."

Le nouveau portail open data français se veut enfin social par défaut et met l'accent sur les réutilisations faites de chaque jeu de données par la communauté open data (chercheurs, think tank, particuliers, journalistes, etc.). "Si l'on veut que l'administration joue le jeu de l'open data, il faut qu'elle y gagne quelque chose. Ce qu'elle peut gagner de plus important, c'est de voir à quel point ses données sont reprises", indique Henri Verdier. 500 réutilisations ont d'ores et déjà été enregistrées dans le site pour les 13 000 jeux de données que compte le site. L'investissement nécessaire pour cette seconde version a été d'environ 200 000 euros selon "Les Echos", soit trois fois moins à celui de la première version. Il devrait être amorti en un an d'exploitation, indique-t-on chez Etalab.

Ce lancement s'accompagne de l'abandon confirmé par Matignon d'une dizaine de  redevances concernant des données produites par des organismes publics et jusqu'à présent payantes. Parmi elles, Certaines données du ministère de l'Education nationale dont celles de l'Onisep, ou les bases juridiques de Legifrance.